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Le Spinelle
Le rubis des temps anciens
Guide du spinelle
par la Compagnie des Gemmes, spécialiste des pierres de couleur
Parmi toutes les pierres fines, il en est une qui se prête particulièrement à un achat patrimonial : le spinelle. Il doit son nom au latin spina qui signifie « épine », en référence aux cristaux pointus qui le caractérisent à l’état brut. Sa composition a été établie pour la première fois en 1546 par le savant allemand Georgius Agricola (1494-1555), père de la minéralogie moderne. Si son nom est moins connu que celui du rubis ou du saphir, sa valeur est parfois supérieure à celle de ces deux pierres précieuses.
Le spinelle jouit de ce statut particulier pour trois raisons. D’abord, il est rarement chauffé car sa composition rend tout traitement thermique inopérant, voire contre-productif : l’effet de la chaleur est très aléatoire et, dans certains cas, il réduit l’intensité de la couleur, au lieu de la renforcer.Â
Ensuite, du fait d’une grande dureté, la pierre résiste aux chocs et peut être sertie sur un bijou porté au quotidien comme une bague de fiançailles. C’est pourquoi elle est appréciée des joailliers de prestige. Enfin, il en existe de toutes les couleurs : bleu, rose, violet, gris, noir…
En particulier, le spinelle acquiert une valeur patrimoniale certaine s’il est de couleur rouge ou bleu cobalt. Due au mélange de chrome et de fer, le spinelle rouge a une beauté comparable au rubis, si bien que les deux pierres ont été confondues, jusqu’au milieu du xxe siècle. Aussi, le Côte-de-Bretagne qui ornait une célèbre parure du roi Louis XV et le « rubis du Prince noir », serti sur la couronne d’Angleterre, ne sont pas deux rubis mais deux spinelles rouges.
La ressemblance entre le spinelle et le rubis ne tient pas seulement à leur couleur commune : les deux pierres se forment dans des environnements géologiques identiques et proviennent donc des mêmes gisements, situés en Birmanie, au Sri Lanka, en Tanzanie, au Tadjikistan, à Madagascar et au Vietnam. Généralement, le spinelle vietnamien couleur bleu cobalt présente de nombreuses inclusions et sa masse n’excède pas un carat.
Précisons que le spinelle se distingue du rubis par une plus grande pureté. Ainsi, le rubis des temps anciens peut jouir d’un éclat adamantin supérieur à celui du rubis des temps modernes.
Pour un projet de bague sur mesure, prenez rendez-vous avec l’équipe de la Compagnie des Gemmes. Nous vous présenterons une sélection de spinelles pour créer ensemble un bijou qui vous sera véritablement unique.
L’œil du gemmologueÂ
par Frédéric Fontaine
Dans une logique patrimoniale, il est préférable d’acquérir un spinelle de couleur rouge qui présente peu d’inclusions, fût-il de taille réduite. Les spécimens les plus convoités sont extraits des mines du Sri Lanka, de Birmanie et de Tanzanie.Â
Il existe de nombreux spinelles synthétiques, fabriqués selon le procédé Verneuil. Or, seul un Å“il expert peut distinguer une pierre naturelle d’une pierre synthétique. L’indice de réfraction de la seconde est souvent plus élevé que celui de la première (il est supérieur à 1,725).Â
Le spinelle synthétique est aussi reconnaissable à la présence d’une trame fibreuse qu’on peut observer au polariscope. En matière de certification, le laboratoire Gem Paris est reconnu pour son expertise.
Caractéristiques du spinelle
Espèce minérale spinelle
Système cristallin cubique
Indice de réfraction entre 1,71 et 1,73
Biréfringence non
Dureté 8 sur l’échelle de Mohs
Points forts Le spinelle se distingue par sa solidité, sa couleur (semblable à celle du rubis) et son prix (généralement moins élevé que celui du rubis). Sa valeur patrimoniale est garantie par son utilisation fréquente en haute joaillerie.
Points faibles Bien que les amateurs du spinelle soient de plus en plus nombreux, il s’agit encore d’une « pierre d’initiés », ce qui limite les possibilités de revente.