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Glossaire
Les mots du monde de la joaillerie
par la Compagnie des Gemmes, spécialiste des pierres de couleur
Béryllium : métal qui peut servir d’adjuvant, lorsqu’un saphir subit un traitement par chauffe non traditionnel (il est alors soumis à une température très élevée). Le béryllium pénètre à l’intérieur de la pierre et en modifie la couleur. Une gemme qui a subi un tel traitement ne peut faire l’objet d’un achat patrimonial.
Biréfringence : propriété d’un cristal qui opère la division de la lumière en deux faisceaux distincts, caractérisés chacun par un indice de réfraction spécifique. En effet, dans un milieu biréfringent, l’indice de réfraction dépend de la direction de polarisation de la lumière. On dit que cette dernière se propage de façon anisotrope.
Birmanie : pays de la péninsule indochinoise qui revendique le nom de République de l’union du Myanmar (plus simplement, Myanmar), au lieu de celui de Birmanie, depuis 2010. Si les organisations internationales ont adopté la nouvelle dénomination, la France s’y est toujours refusée. Précisons que les noms « Siam » et « Ceylan » désignaient la Thaïlande et le Sri Lanka, respectivement jusqu’en 1939 et 1972. Ils sont encore utilisés en gemmologie.
Carat : unité de mesure utilisée depuis l’Antiquité, notée « ct ». En joaillerie, elle exprime la masse des pierres précieuses et fines, selon l’égalité suivante, établie lors de la quatrième Conférence générale des poids et mesures, en 1907 : 1 ct = 0,2 g. Son nom est dérivé de celui de la graine du caroubier dont la masse demeure presque constante tout au long de l’année. Précisément, un carat correspond à la masse de quatre graines. Le carat tel que défini en joaillerie se distingue de celui tel que défini en bijouterie : dans ce dernier cas, il renvoie, non à la masse, mais à la pureté d’un métal précieux (par exemple, l’or). En bijouterie, un carat correspond à un vingt-quatrième de la masse totale d’un alliage.
Crimson red : appellation récente, établie par le laboratoire suisse Gübelin. Elle désigne les rubis de couleur « rouge sang de pigeon » qui ne proviennent pas de Birmanie. En français, elle signifie « rouge cramoisi ».
Eau : vibration spécifique de la lumière à l’intérieur d’une aigue-marine. Le terme est réservé à la description de cette pierre.
Échelle de Mohs : échelle de dureté minérale, créée en 1812 par le minéralogiste allemand Friedrich Mohs (1773-1839). Elle est utilisée pour mesurer la dureté des minéraux, c’est-à -dire leur susceptibilité à être rayés au contact d’autres substances dont la dureté est inférieure. Les valeurs de l’échelle vont de 1 (pour le talc) à 10 (pour le diamant). L’échelle de Mohs permet d’identifier un minéral et d’en mesurer la dureté relative : il faut alors comparer la valeur de l’échelle qui lui est associée à celle qui est associée à une autre substance.
Effet « vieille mine » : effet lié à l’augmentation de la valeur d’une pierre, dès lors que le gisement dont cette dernière est extraite n’est plus exploité ou génère un flux de production réduit. Par exemple, les saphirs du Cachemire bénéficient de l’effet « vieille mine ».
Escarboucle : pierre précieuse à la couleur rouge intense (un grenat, un spinelle ou un rubis, en particulier). Par extension, le terme désigne toute pierre précieuse qui brille d’un vif éclat. Dérivé du latin carbunculus, qui signifie « charbon ardent », il revêt une signification précise dans la littérature médiévale dans laquelle il renvoie à une pierre précieuse magique, associée au motif du feu.
Espèce minérale : critère utilisé en minéralogie pour distinguer tous les types de minéraux répertoriés au sein de la classification des minéraux. De façon générale, un minéral est défini comme une substance inorganique solide, naturelle et homogène, formée au terme de processus géologiques millénaires. Une formule chimique permet d’identifier chaque espèce : elle en indique la composition et précise la structure atomique des minéraux qui y appartiennent. Ces derniers y trouvent leur forme cristalline spécifique.
Feux : éclats de couleurs dus à la dispersion de la lumière à l’intérieur d’un diamant. Également appelés « scintillements », ils couvrent un large spectre de couleurs : rouge, orange, jaune, vert, bleu et violet. La combinaison entre ces dernières dépend de plusieurs facteurs, parmi lesquels la qualité de la taille et celle de la pierre brute (diamant de type II a, absence de fluorescence…). La dispersion de la lumière est provoquée par sa réfraction, lorsqu’elle traverse les facettes de la pierre, disposées selon des angles différents. D’où une variété de couleurs qui apparaît quand la lumière est réfléchie hors de la pierre. Les feux d’un diamant sont d’une couleur distincte de celle du diamant lui-même.
Golconde : ancienne capitale du royaume éponyme, située dans l’État indien du Télangana, célèbre pour la richesse de ses mines de diamants. Par métonymie, le terme désigne les diamants qui en sont extraits, blancs et purs, généralement de type II (sans presque aucune trace d’azote), d’une qualité exceptionnelle. Leur valeur est renforcée par l’effet « vieille mine » : ces gisements mythiques sont désormais épuisés.
Indice de réfraction : valeur numérique qui évalue la capacité d’un matériau à ralentir la lumière lorsqu’elle le traverse, ce qui peut entraîner réfraction, dispersion et réflexion de la lumière. Plus l’indice est élevé, plus la vitesse de la lumière diminue. Il est défini comme le rapport entre la vitesse de la lumière dans le vide et celle de la lumière dans le matériau. Noté « n », il varie en fonction du matériau et de la longueur d’onde considérés.
Lapidaire : artisan qui taille et polit les pierres précieuses et fines. Il y grave aussi des motifs et des figures. Le terme peut également désigner celui qui fait commerce de ces pierres.
Quatre « c » : nomenclature établie par le Gemmological Institute of America (GIA). Elle repose sur les quatre critères canoniques qui permettent d’apprécier la qualité d’un diamant : carat (la masse), clarity (la pureté), color (la couleur) et cut (la taille). Si elle n’est produite par un laboratoire sérieux (en particulier, le GIA), une telle appréciation n’a que peu de valeur.
Louche : terme qui qualifie le manque de vivacité de la couleur d’une pierre précieuse. Synonyme : endormi.
Pierre précieuse : appellation qui désigne un diamant, un rubis, une émeraude ou un saphir.
Pierre fine : appellation qui désigne toute pierre n’étant pas une pierre précieuse. L’appellation « pierre semi-précieuse » est illégale, depuis l’entrée en vigueur du décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002 relatif au commerce des pierres gemmes et des perles. À masse égale, certaines pierres fines rares sont plus chères que certaines pierres précieuses.
Polariscope : instrument utilisé pour analyser les propriétés de la lumière polarisée. Il se compose généralement de deux polariseurs, appelés « polariseurs croisés ». Ces derniers sont placés l’un par rapport à l’autre de façon perpendiculaire, si bien que la lumière qui traverse le premier est polarisée dans une direction donnée, puis analysée par le second qui détecte les changements de polarisation. Ainsi, le caractère biréfringent d’un cristal peut être décelé.
Procédé Verneuil : méthode de fabrication de cristaux synthétiques (en particulier, de rubis et de saphirs). Inventé par le chimiste français Auguste Verneuil en 1902, il consiste à faire fondre un mélange de poudres d’oxydes métalliques dans une flamme oxyacétylénique très chaude (l’alumine, dans le cas du saphir, la poudre d’aluminium, dans le cas du rubis). La chaleur de la flamme fait alors fondre les poudres. Ainsi, ces dernières sont projetées à travers un orifice étroit appelé « creuset » ou « brûleur ». Le procédé aboutit à la formation de cristaux synthétiques dont les propriétés sont similaires à celles des pierres naturelles. En raison de leur taille relativement importante (leur diamètre peut atteindre plusieurs centimètres), les cristaux ainsi obtenus sont utilisés dans des domaines variés comme la joaillerie et l’industrie électronique.
Propreté : pureté d’une gemme.
Rouge sang de pigeon : couleur rouge intense, mâtinée d’une pointe de rose et d’une légère pointe de bleu. Elle distingue les plus beaux rubis de Birmanie.
Soyeux : terme qui qualifie l’aspect mâtiné d’une pierre précieuse. Le phénomène est dû à la diffraction de la lumière sur des aiguilles de rutile cristallisées, disposées en étoile, selon trois axes.
Synthèse : terme qui qualifie les diamants dont le processus de cristallisation s’est déroulé en laboratoire. On parle aussi de diamants de synthèse.
Taille émeraude : type de taille fréquemment pratiqué sur l’émeraude dont il épouse la structure cristalline hexagonale. Il se caractérise par une coupe rectangulaire ou carrée, par des facettes rectangulaires ou trapézoïdales et par des coins coupés. Le plus souvent, il est réalisé dans l’axe contraire à celui du prisme de la pierre brute, ce qui met en valeur les reflets bleus de cette dernière. Il vise à réduire la perte de masse inhérente au passage de la pierre brute à la pierre taillée et n’est pas nécessairement pratiqué sur une émeraude.
Traitement par irradiation : traitement utilisé pour renforcer l’éclat ou modifier la couleur d’une pierre précieuse. Cette dernière est alors exposée à une source de rayonnements ionisants, par exemple des rayons gamma ou des rayons X. En général, après avoir été irradiée, elle est chauffée, ce qui permet de figer sa nouvelle couleur et d’en garantir la pérennité.